Sainte Anne
Sainte Anne est la christianisation tardive de la déesse indo-européenne Anna Pourna, c'est-à-dire Anna la Pourvoyeuse qui se retrouve sous différentes appellations (Danaé en Grèce, déesse Anna Perenna des Romains, fleuves Don et Danube, Tanit chez les Phéniciens, Dana/Ana (en) en Irlande (crase probable pour De Ana « ta Déesse Ana »), déesse Ana en Bretagne)1. La racine indo-européenne ana, « souffle, âme » se retrouve ainsi dans l'anima latin.
Différentes traditions légendaires locales font de sainte Anne une princesse bretonne. C'est en effet une coutume fréquente de la région de gratifier miraculeusement ses saints « importés » d'une ascendance bretonne ou d'un séjour dans cette province3. Les Bretons de Haute comme de Basse-Bretagne la revendiquent pour leur compatriote : dans le Finistère, une légende née vers le Ve et VIe siècles fait d'elle une princesse cornouaillaise de sang royal vénérée à Sainte-Anne-la-Palud. Dans les Côtes-d'Armor, les habitants de Merléac affirment qu'elle est née chez eux, au village de Vau-Gaillard et qu'elle avait une sœur s'appelant Pitié.
Son culte en Armorique ne remonte pas au-delà du XIIe siècle mais eut une diffusion importante, généralement expliquée par la rémanence de l'antique déesse celtique Ana, le renouveau du culte des saints favorisé par la Contre-Réforme et une réponse au dogme de l'Immaculée Conception en 1854, la mère de Marie bénéficiant en retour de cette attention5.
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