BUHEZ HA PLIJADUR E LOK MAZE

Résumé

  • 15ème siècle : chapelle de style gothique : pierre de Kersanton - provenant des vitraux - retouvées sur place
  • 17ème siècle : construction de la chapelle actuelle avec des matériaux provenant des anciennes chapelles
  • Fin du 18ème siècle : restauration par l'abbé Garo dont la tombe se trouve dans le coin du cimetierre. Bienfaiteurs : François Corre et Marguerite Marzin dont les noms sont inscrits dans la pierre au-dessus d'une fenêtre.
  • 1842 : le clocher (encore en place aujourdh'ui) est reconstruit (taille moins imposante) après sa destruction par la foudre. Le reste des pierres sont utilisées pour la construction du clocher de l'église du Drennec.
  • 1928 : dernier pardon de Lok Mazé
  • 1970 à 1979 : premiers stages de restauration de l'édifice à l'instigation du groupe Ar Vro Pagan puis de Fanch Jestin dans le cadre de la MLC de Plabennec.
  • 1980 : premier Gouel Lok Mazé
  • 1986 : création de l'association "Buhez Ha Plijadur e Lok Mazé"

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La proto-histoire

C'est vers 1800 avant J.C. que l'on commence à utiliser du bronze en Bretagne. Vers 700 av. J.C. on découvre le fer. De nouveaux outils, plus efficaces, permettent aux hommes de sculpter la pierre et de réaliser de plus importants travaux agricoles.

C'est sans doute de cette époque que datent les vestiges du parcellaire ancien, encore visible en 1970, et qui est structuré en enceintes concentriques

La parcelle nommée "park moan" (champ plein de pierres) au centre des enceintes, près du "Kruguel" pourrait renfermer un site protohistorique.

Les Celtes arrivent avec le fer. Ils sculptent des monuments en l'honneur de leurs dieux et de leurs chefs. Nous possédons entre Lok-Mazé et Bréventok, trois stèles vouées au culte de l'abondance et de la fertilité rappellant la forme du phallus humain. Ce type de stèle est appelé stèle phalloïde ou encore stèle bosse. L'une d'entre elles se trouve derrière la chapelle, au pied du mur, une autre sur le bord du chemin privé remontant à Bréventok. Une troisième stèle se trouve dans un jardin de ce même village, à coté d'une stèle funéraire à 8 pans.

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La période gallo-romaine

Un tronçon de voie est le seul vestige de cette époque. Presque droit il traverse le territoire selon une orientation nord-nord-ouest / sud-sud-est. Cela est étonnant car notre pays a été très fortement colonisé. Les villas et autres constructions latines sont nombreuses en Bretagne.

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La période Bretonne

Cette période couvre les temps pré-médiévaux que l'on appelle communément le Haut Moyen-âge en France. Elle est caractérisée par un renouveau celtique mais dans un contexte religieux à présent chrétien, apporté par les bretons insulaires dans une Armorique désertée par les gallo-romains.

Ce mouvement nait à la fin du Veme siècle avec l'arrivée des bretons de Grande-Bretagne et persistera jusqu'au XIeme siècle. C'est le fort mouvement monastique du moment qui va surtout coloniser ce qui deviendra par la suite la trève de Lok-Mazé Bréventok.

Les points d'établissement d'ermites ou de colonies monastiques se reconnaissent par le toponyme "Lann" - ermitage ou monastère - et un peu plus tard "Lok" qui a le même sens.

Cinq exemples de tels établissements existent sur le territoire considéré. Le plus important se trouve au Nord-Est de Lok-Mazé et s'étend sur une large superficie. Il s'agit de "Lann-Bader". Bader est le nom d'un prètre gallois qui aurait vécu entre 500 et 685 et serait venu en Bretagne. "Lannbader", étant donnée sa taille, n'était pas un simple ermitage : ce devait être un monastère. Ceci semble confirmé par le fait qu'il soit placé sur le "voie romaine" encore en activité à cette époque.

Deux autres "Lann" sont visibles : l'un à la périphérie du système d'enceintes qui est toujours habité, l'autre au centre près du tumulus et des habitations. Si ces ermites ou ces moines chrétiens ce sont installés là, c'est pour évangéliser des populations encore païennes.

D'autres moines préfèrent une retraite solitaire au fond des bois. C'est sans doute l'un d'eux qui s'est installé à Lok-Mazé même, sur le lieu de culte druidique près de la fontaine.

Un peu plus tard, probablement vers le VIIIeme ou le IXeme siècle, la communauté, à présent chrétienne, quitte le vieux village pour fonder Bréventok ou Berventok autour d'une église aujourd'hui disparue. Le site de Lok-Mazé devient alors la propriété de l'abbaye de Saint-Mathieu (près du Conquet).

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Le moyen-âge

A partir de l'an 1000, la société évolue. La noblesse augmente son pouvoir et la condition paysanne est difficile. Elle n'évoluera guère avant le XIVeme siècle. Cependant l'agriculture progresse un peu, on défriche beaucoup, on remet en culture des terres abandonnées après le départ des romains. La population augmente.

C'est à ce moment, vers le XIIeme siècle, que tous les villages et lieux-dits en "Ker" apparaissent (par exemple Kersulgar). Les anciennes voies de communication sont pour la plupart abandonnées (ce qui est relativement rare en Bretagne). Vers le XIIeme siècle le monastère de Lann-Bader est abandonné(à moins qu'il n'est disparu avant, dévasté par un raid Vicking (entre le VIIIeme et le Xeme siècle).

La situation évolue à partir du XIVeme siècle : les puissants seigneurs Le Ny ont à présent une situation bien établie sur ce petit territoire qui passe du statut de paroisse à celui de trève, dépendante de la grande paroisse de Plabennec. La population doit alors avoisinner les 40 habitants. La chapelle de Lok-Mazé fonctionne indépendamment de l'église de Bréventok, mais le prieur de Lok-Mazé doit une pension au recteur de Bréventok.

La chapelle de Lok-Mazé est reconstruite au XVeme siècle dans le style gothique (on a retrouvé des meneaux en kersanton dans le cimetierre). A la même époque l'église de Bréventoc disparait sans qu'on en connaisse la raison. Le prieur de Loc-Mazé endosse alors la fonction de curé de Bréventoc.

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Renaissance et époque moderne

A la Renaissance souffle un vent de renouveau artistique. La famille Le Ny reconstruit un vaste manoir dont il ne reste que le puissant portail fortifié. Le curé fait lever un très beau calvaire qui se trouve à l'entrée du cimetière. Il porte les statues de saint Urzin et de saint Hervé à gauche (face à l'extérieur) et un moine en prière (allusion à l'abbaye saint-Mathieu) qui entourent l'évangéliste Mathieu à droite et la vierge (face au cimetière).

L'église tréviale est reconstruite dans un sobre style baroque, d'abord au XVIIeme siècle (clocher) puis au XVIIIeme siècle (dans son intégralité).

La trève compte 63 âmes en 1774 et manque de dispraître en 1780. Elle est rattachée en 1792 à la commune du Drennec.

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